SYLVAIN GOURLAY - est un pianiste et compositeur français. Il commence le piano à sept ans et obtient plusieurs premiers prix. Il compose par la suite deux albums : Momentaneus et Piano Sounds. Il se produit en concert, enseigne, compose pour l'image et a travaillé pour les marques Louis Vuitton, Cartier, Axa, etc. Il habite actuellement à Paris.

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10.01.2012

A star is born !

Sylvain Gourlay est né le 15 mai 1985 à Blois. Pianiste et compositeur français de musique contemporaine, il commence le piano à l'âge de sept ans et obtient quelques années plus tard des premiers prix au conservatoire. Il s'intéresse par la suite à la musique actuelle (pop, électro, jazz, rock) qui lui amène une inspiration nouvelle. En rencontrant, travaillant et improvisant avec des compositeurs contemporains comme Levinas, Mulsant, Jolas, Pécou, Markeas ou Hersant, il écrit différentes pièces pour piano solo inspirées de Satie, Debussy, Chopin, Rachmaninov et d'autres styles (Glass, Jarrett, Gonzales, Tellier). En 2010, il compose son premier recueil de morceaux nommé Momentaneus, moments musicaux éphémères…


Parallèlement, il collabore avec plusieurs chorégraphes et compose pour la danse (Tango's Project Quartet et 14²). Ces compositions sont évidemment liées à l'image, et donc au cinéma, ce qui rend ces pièces très adaptées à la musique de films. Son premier album Momentaneus sous le label Dolala Records, soutenu par Paris Jeunes Talents, sera distribué par MVS-Anticraft. Sortie le 16 Janvier 2011. Le mieux, vous savez bien, c'est de le rencontrer et de lui demander en ce début d'année : et le cinéma dans tout ça ?...

CinéLivres - Vous êtes compositeur et excellent pianiste. Où avez-vous étudié et quels sont vos projets ou vos rêves ?

Sylvain Gourlay – Ah ! mes rêves ! Bon, j'ai tout d'abord commencé le piano au conservatoire de Blois dans un cursus très « classique » puis les prix, concours, etc.. J'ai adoré ces moments de grandes découvertes et parfois détesté (la musique est un art qui demande une rigueur énorme et j'ai dû l'acquérir) ! Tout ce que j'ai appris, je crois, vient des rencontres. En premier lieu, mon père mélomane m'a fait baigner dans un univers musical allant de Bach à Led Zeppelin. Puis ma professeure de piano m'a fait découvrir Chopin, Rachmaninov ou Debussy. Enfin, quand j'ai rencontré Michael Levinas à Nantes ou Alejandro Markeas et que j’ai travaillé avec eux (des pianistes/compositeurs de musique contemporaine), j'ai ressenti l'envie de jouer et d'écrire mes propres morceaux. C'est un plaisir fou !

J'adore jouer du Satie, Scriabine mais lorsque vos compositions sonnent sous vos doigts, l'orgasme n'est pas loin ! On passe aux rêves ! J'ai des projets diverss en ce moment comme accompagner un chanteur dans une revisite des tubes des années 1980 piano/voix, mais aussi écrire d'autres mélodies piano solo pour un futur albumMomentaneus 2 ? Et voici donc un exemple de rêve : composer pour la musique d'un film. Lorsque je vois des images, la musique défile dans ma tête, les thèmes apparaissent naturellement et j'ai envie de faire cela à grande échelle. C'est venu entre autres grâce au travail que j'ai fait récemment pour la musique de la publicité et du documentaire AXA, A journey into Longevity

CinéLivres - Comment expliquez-vous que musique et cinéma fassent si bon ménage ? On pourrait multiplier les exemples à l'infini, mais prenons seulement Nino Rota et Federico Fellini, Alfred Hitchcock et Bernard Herrmann, Jacques Demy et Michel Legrand, etc.

Sylvain Gourlay - Je crois qu'il suffit d'enlever le son d'un film pour comprendre l'importance de la musique au cinéma. Je pense que la musique permet de décupler l'image, de nous faire rentrer dans le film. La musique est l'art du temps n'est-ce pas ? Musiques et images avancent, défilent, donnent des émotions, nous transportent. Je pense d’ailleurs au dernier film de Michel Hazanavicius, The Artist, qui rend une telle sensibilité par les images et la musique. C'est ça pour moi la recette secrète d’un bon film : pouvoir créer un moment où la musique et les images ne font qu'un.


CinéLivres - Vous avez déjà composé une musique pour le cinéma, notamment pour un court-métrage de Fabien Guyot, que diriez-vous de la chanson ?

Sylvain Gourlay – Tiens, c'est marrant, j'en ai parlé hier soir avec un ami musicien. On se disait que parfois ce qui pourrait manquer à notre musique, c'est la force d'un texte. Des paroles sur des harmonies profondes, le tout avec une mélodie qui reste en tête, voilà ce que j'ai envie de faire. Pour moi, Gainsbourg a su trouver cette alchimie envoûtante (au passage merci au papa de Serge pour ses leçons de piano classique qui lui ont inspiré tellement de mélodies). 

CinéLivres - Vous êtes sur CinéLivres, quel est donc votre livre favori ?

Sylvain Gourlay - Houellebecq me fascine par sa façon de voir notre société.


CinéLivres - Si on vous donnait tous les talents artistiques et carte blanche, qu'aimeriez-vous réaliser ?

Sylvain Gourlay - Jouer mes Momentaneus dans des endroits inimaginables : en montagne ou en complète opposition, dans un lieu bruyant, citadin : sur un building new-yorkais par exemple. Tout ça me vient d'un souvenir de l’adolescence, au moment où j'étais isolé à la campagne, écoutant les Nocturnes de Chopin dans un pré, j'ai ressenti une telle communion entre musique et nature que ce moment est resté gravé à jamais en moi. D'où cette envie de jouer dans des lieux improbables. Mon voyage en Islande en a été la confirmation, les grands espaces m'inspirent pour composer !



CinéLivres - Et dites-moi, non pas quel est votre film favori car je sais que c'est impossible, mais quels sont vos 5 films préférés ?

Sylvain Gourlay - De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard pour la relation entre Romain Duris et le piano (utilisation de la Toccata en mi mineur bwv 914 et Après une lecture de Dante de Franz Liszt).
Lost in translation de Sofia Coppola. Le feu follet de Louis Malle, avec ses morceaux d'Erik Satie en BO, tellement justes dans l'atmosphère du film. The Hours de Stephen Daldry avec la BO de Philip Glass. Et enfin, Melancholia de Lars von Trier pour l'utilisation magistrale de la musique de Tristan et Isolde de Richard Wagner. 

CinéLivres - Lisez-vous des livres sur le cinéma et, si oui, lesquels par exemple ?

Sylvain Gourlay - Non pas vraiment, mais j’ai découvert récemment La Jetée de Chris Maker et j’ai acheté le livre, une référence de ciné-roman pour moi !


CinéLivres - Votre musique pourrait fort justement illustrer certains films muets, notamment ceux de Méliès dont on ne connaît pas la partition d'accompagnement. Voici une idée à creuser avec la Cinémathèque française...

Sylvain Gourlay - Oui en effet, Georges Méliès m'inspire beaucoup et donne envie de jouer, composer pour son œuvre. C'est d'ailleurs en pensant à des images et à des moments que j'ai composé les douze Momentaneus, comme plusieurs tableaux.


J’ai aussi hâte d'entendre en mai prochain à Paris le travail de Philip Glass avec le Kronos Quartet sur la BO du Dracula réalisé en 1931 par Tod Browning. Tout comme Méliès, aucune musique spécifique n’a été composée pour ce film.

CinéLivres - Si vous n'aviez que trois vœux à réaliser, quels seraient-ils ?

Sylvain Gourlay - Réaliser le projet de votre question 5 ! Signer une musique de film pour 2012. Et enfin, jouer mes Momentaneus au Royal Albert Hall de Londres, on peut rêver non ? (:-)

CinéLivres - Enfin, la question qui tue, qu'emporteriez-vous comme objet sur une île déserte, à part j'imagine votre piano ?

Sylvain Gourlay - Ah mon piano… C'est intéressant comme question car parfois on adore son instrument et puis soudain, on le rejette. Le pianiste Alexandre Tharaud a trouvé la solution : il n'a pas de piano chez lui, il préfère travailler chez des amis. Pourquoi pas ?
Mais pour répondre à votre question, je pense que j’emporterais du papier à musique…

Propos recueillis par Jean-Max Méjean